Les entreprises les plus solides sont les moins performantes.

Les entreprises les plus solides sont les moins performantes.

Il y a des documents que l’on lit vite.
Et puis il y a ceux qui restent plusieurs jours dans la tête.

Le livre blanc de Norsys et d’Olivier Hamant sur la robustesse et la permaentreprise fait clairement partie de la deuxième catégorie.

Je l’ai lu en me disant régulièrement :
"Mais oui. Évidemment."

  • Évidemment qu’à force de vouloir tout optimiser, tout accélérer, tout contrôler… on fragilise les organisations.
  • Évidemment qu’une entreprise capable de durer ne ressemble pas forcément à une machine ultra-performante.
  • Et évidemment aussi que je rêve profondément, un jour, de construire une entreprise de cette manière-là.

Pas une entreprise qui court partout.
Pas une entreprise qui “scale” à tout prix.
Pas une entreprise qui transforme chaque minute en KPI.

Mais une entreprise robuste. Vivante. Capable d’encaisser les fluctuations sans exploser à la première crise (et cela quelque soit sa nature).

Une entreprise qui laisse une place :

  • au temps,
  • aux humains,
  • aux hésitations,
  • aux discussions,
  • à la diversité,
  • et même… au désordre (bordel !)

Parce que c’est précisément l’un des points les plus passionnants du document.


La robustesse : l’inverse de l’obsession de la performance

Le document rappelle une idée simple mais presque contre-culturelle aujourd’hui :

"La performance maximisée nous mène dans le mur."

Et honnêtement, difficile de ne pas le voir partout, soyons honnêtes.

Des équipes épuisées.
Des entreprises dépendantes d’un seul client.
Des process tellement optimisés qu’ils deviennent incapables d’absorber l’imprévu.
Des calendriers impossibles.
Des décisions prises trop vite.
Des gens qui n’ont plus le temps de penser.

Le livre blanc oppose alors deux logiques :

PerformanceRobustesse
OptimiserEncaisser
AccélérerStabiliser
ContrôlerS’adapter
MaximiserFaire durer
SimplifierDiversifier
Et c’est probablement ce qui m’a le plus touché <3 :
la robustesse ne cherche pas le "parfait". Elle cherche le durable.

Les 8 "contre-performances" qui rendent une entreprise plus forte

Le cœur du livre repose sur une idée fascinante : certaines choses considérées comme des défauts dans l’entreprise sont en réalité des mécanismes de survie inspirés du vivant.

Voici les 8 leviers évoqués :

  1. Le hasard
  2. Le gaspillage
  3. La redondance
  4. Les hétérogénéités
  5. Les lenteurs
  6. Les erreurs
  7. Les incohérences
  8. Les inachèvements

Et plus je les lisais, plus je pensais : "Mais le super slow parle déjà un peu de ça."

Quelques idées qui m’ont marqué

1. Le hasard crée de l’innovation

Le document explique que le vivant laisse toujours une place au désordre. Parce que sans désordre, il n’y a ni surprise, ni créativité, ni évolution.

Dans les entreprises, cela pourrait vouloir dire :

  • des espaces sans objectif précis,
  • des discussions non planifiées,
  • des sides projects,
  • des rencontres improbables.

À l’heure où tout doit être rentable immédiatement, cette idée paraît presque révolutionnaire.

2. Les lenteurs ne sont pas des pertes de temps

Celle-ci, forcément, elle me parle particulièrement (hé hé).

"La robustesse privilégie le délai le plus fiable qui est plus lent."

Je pense sincèrement qu’on sous-estime énormément ce que produit le temps :

  • le temps de réflexion,
  • le temps de maturation,
  • le temps de la discussion,
  • le temps de la co-construction,
  • le temps du doute.

Aller vite donne parfois l’impression d’avancer. Mais construire lentement permet souvent d’aller plus loin.

3. Les erreurs sont nécessaires


Autre idée forte : dans le vivant, les erreurs ne sont pas des anomalies.

Elles sont un moteur d’adaptation, ce qui change beaucoup de choses.

Parce qu’une entreprise qui ne tolère pas l’erreur :

  • finit par figer les initiatives,
  • produit du silence,
  • réduit l’apprentissage,
  • et pousse les équipes à cacher les problèmes.

À l’inverse, une entreprise robuste crée un espace où l’on peut expérimenter, eeettttt probablement respirer un peu plus aussi !

Un modèle qui résonne énormément avec ma vision du travail

Je crois qu’une partie de ma réflexion autour du super slow vient précisément de là. De cette envie de construire autrement.

Pas moins sérieusement.
Pas moins ambitieusement.
Mais différemment.

Créer des projets :

  • plus soutenables humainement,
  • plus cohérents,
  • plus vivables,
  • plus créatifs,
  • et moins dépendants de l’urgence permanente.

Le plus intéressant dans ce document, c’est qu’il ne parle pas seulement d’écologie.

Il parle aussi :

  • d’organisation,
  • de management,
  • de rythme,
  • de coopération,
  • de résilience,
  • de santé des entreprises.

Une idée qui me reste en tête depuis la lecture

"Le jeu est infini : le but du jeu, c’est de continuer à jouer."

Je trouve ça incroyablement juste. Parce qu’au fond, beaucoup d’entreprises cherchent encore à "gagner", mais gagner quoi ?

Alors que peut-être que le vrai sujet aujourd’hui est ailleurs :
- tenir dans le temps,
- sans s’épuiser
- sans épuiser les autres,
sans épuiser le vivant.

Vraiment : lisez ce document


Même si vous n’êtes pas dirigeant. Même si vous n’aimez pas les livres blancs.
Même si les mots "robustesse" ou "permaentreprise" vous semblent galvaudés ou abstraits.

Parce qu’en réalité, ce document parle surtout d’une question très actuelle :

Comment construire quelque chose qui dure dans un monde qui fluctue de plus en plus ?

Et je pense sincèrement que cette question va devenir centrale dans les prochaines années. Du moins je l’espère.

Source :
Livre blanc "Activer la robustesse avec la permaentreprise" – Norsys & Olivier Hamant